Un dossier aussi long que les canines du vampire Ă  dents de sabre

Il était une fois, une jeune fille qui vivait auprès de vampires depuis son enfance. Elle ne savait pas que ce n’était pas une situation normale—parce qu’elle n’avait jamais connu que ça.

Sa figure paternelle passait son temps Ă  la rabaisser, Ă  la critiquer. Des fois, Ă  la frapper sans raison.

L’autre victime de la maison avait appris à fermer sa gueule, à pas faire de vagues, et donc cette jeune fille avait appris à faire pareil. Elle avait appris à vivre avec, ne sachant pas qu’ailleurs c’était complètement différent.

Et bien évidemment, elle continua à vivre à vivre avec un autre vampire à l’âge adulte. Elle ne voyait pas le mal là-dedans—c’était sa normalité à elle, son quotidien.

Son nouveau vampire était comme son père, au final. C’était un comportement attendu. C’était probablement comme ça dans toutes les relations—la dégradation graduelle de l’amour à la maltraitance. …Non?

Non??

Bon, tout le monde se doute bien que cette jeune fille c’est moi, hein. Je sais—je suis pas subtile.

J’ai vécu avec des vampires dans le monde réel la majorité de ma vie. Pas ceux des bouquins, films, ou séries—les vrais de vrais.

Ceux qui sucent l’énergie, le bonheur et la joie de vivre à la place du sang.

Sur la fin, avant ma libération, je ne dormais plus que d’un œil sur le canapé du salon… craignant que cette perte de contrôle sur ma personne ne fasse faire à mon vampire un geste regrettable.

J’ai passé de nombreuses années à me défaire de toutes les habitudes qui faisaient de moi une victime, et encore maintenant certaines réactions normales ne me viennent pas spontanément.

Je suis cependant un vieux croûton qui comprend mieux la normalité (enfin!), et j’ai fini avec une connaissance intime des prédateurs, de leurs stratégies contre leurs victimes, et des mécanismes d’emprise.

J’étais forte, avant qu’ils ne me sapent.

Je suis redevenue forte—pas grâce à eux et leurs mauvais traitements, mais bien malgré eux.

Et, en revenant à nos moutons, je pense qu’il y a des enseignements à en tirer pour vos parties de jeu de rôle—que vous ayez envie de jouer des vampires, ou que vous souhaitiez vous en débarrasser!

Je mets un petit avertissement sur la suite du contenu: je ne vais pas parler de choses graphiques, mais tout de même cela peut peut-être (re-)traumatiser certaines personnes, de revivre tout cela. Je sais que, personnellement, ça a le pouvoir le me chambouler encore dix ans après.

Prenez soin de vous—ne lisez la suite que si vous pensez que ça ne vous fera pas de mal!

Des vampires dans la vraie vie? Ça y est, elle a plus la lumière à tous les étages!

Évidemment, les vrais vampires ne boivent pas de sang et ne se transforment pas en chauve-souris (du moins, pas à ma connaissance… mais on se sait jamais, avec eux!).

Je dis les vrais vampires, en opposition aux vampires de fiction, vous l’aurez compris. Je parle de ceux que vous côtoyez, peut-être sans le savoir, dans votre vie de tous les jours. Ces membres de la famille qui rendent les repas ensemble une vraie corvée. Ces collègues qui vous pourrissent la vie et qui vous font aller au travail à reculons. Cette personne pour qui vous avez de l’affection, de l’amitié ou de l’amour, et qui vous rend malheureux. Il y a une chance qu’ils soient des vrais vampires… que vous vous en rendiez compte ou pas.

Qu’on les appelle des pervers narcissiques, des psychopathes, des sociopathes, des vampires énergétiques… On s’en fout de comment les nommer, au final, non? Laissons cela à ceux qui étudient la psychiatrie. C’est bonnet blanc et blanc bonnet pour moi, j’avoue, et je n’ai pas envie de rentrer dans les subtilités des différences entre chacun de ces troubles de la personnalité.

Il n’y a qu’une chose vraiment cruciale à savoir…

Les vrais vampires sont parmi nous.

Ils ont double face, à la fois séduisants et monstrueux. Ils vivent cachés, dissimulés derrière un masque, mais se reconnaissent facilement les uns les autres. Ils ont des façons de choisir leurs victimes, et de les contrôler.

Je suis une conteuse, et j’aime les histoires par-dessus tout. Je suis d’avis qu’on peut puiser de l’inspiration pour raconter des histoires à n’importe quelle source. Pourquoi pas avec une approche moderne et psychologique des vampires?

D’ailleurs, dans Vampire: la Mascarade, le sujet est très clairement abordé!

Vampire: La Mascarade

C’est écrit blanc sur noir: “la manipulation psychologique”!

Bien évidemment, cela ne nous empêchera pas de jouer nos vampires comme on a envie: comme les créatures de la nuit des films, livres, autres JDRs… comme Dracula, comme Lestat, comme Nosferatu, ou comme Kurt Barlow dans Salem’s Lot…

Mais on peut tout de même garder à l’esprit toutes les façons toxiques de procéder qu’ont les vrais vampires dans le monde réel, car ça ne peut qu’agrémenter notre roleplay.

Ă€ quoi reconnait-on les vrais vampires?

Dans les livres, les films, tout ça, on sait déjà comment les dépister. Les vampires de fiction ont peur des croix, ne mangent pas d’ail, ne peuvent pas traverser les cours d’eau, etc.—tout un paquet d’indices que les personnages n’hésitent pas à employer pour s’assurer qu’ils sont bien en présence de vampires.

Vous comme moi, si on devait investiguer un vampire, il serait bien mal barré. À l’instar des frères Winchester, on leur mettrait leur mère fissa, et après on irait se balader en voiture, en baffrant de la tarte, et en vivant notre bromance comme si y’avait pas de lendemain.

Photomontage tiré de la série TV Supernatural

Mais dans la vraie vie?

La plupart des gens ne savent pas repérer les vrais vampires. Même les geeks sont souvent incapables de croire à leur existence. Comme si le fait d’être humain au lieu de surnaturel empêchait de considérer le fait que quelqu’un puisse être un monstre derrière son masque.

Eh bien dans la vraie vie, les vrais vampires ont des traits et des façons de procéder qui font que quelqu’un qui fait confiance à son intuition—son *narc-dar*—est capable de mettre le doigt sur les vrais vampires.

Et ce qui nous intéresse, dans ce dossier—en plus d’informations qui pourraient vous faciliter, voire vous sauver la vie—, c’est que ces traits des vrais vampires peuvent être aussi, si vous le désirez, utilisés pour jouer des vampires dans le JDR.

Avertissement pour éviter les ouin-ouins inutiles: Il est bon de noter que, même si la grande majorité de ces vampires de la vie réelle sont des hommes (source), et que j’utilise le masculin dans cet article, les femmes aussi peuvent être coupables de ce genre de comportements, et peuvent être tout aussi dangereuses que les hommes.

Alors, si on a envie de jouer un vampire fictif avec l’exemple des vrais vampires, il y a plusieurs sources auxquelles s’abreuver, et j’espère que mon article va donner de l’eau à votre moulin rôlistique!

Les catégories des vrais vampires

Tous les vrais vampires ne se ressemblent pas. C’est une généralisation qu’il faut éviter de faire, car comme tous les êtres humains, ils vont avoir des différences dans leur mode d’opérer et dans leur personnalité. Cela dit, on peut dégager deux styles de vrais vampires, à titre d’exemple.

Les deux catégories les plus connus des vrais vampires sont:

  • les “grandioses”—adulĂ©s par leur famille dans l’enfance et surestimĂ©s par rapport aux autres, ils sont agressifs, dominants, et pensent qu’ils sont au-dessus des autres. Ils sont dominants, sĂ»rs d’eux-mĂŞmes, arrogants, exhibitionnistes et agressifs.
  • et les “vulnĂ©rables”—nĂ©gligĂ©s ou abusĂ©s pendant l’enfance, ils oscillent entre se sentir meilleurs que les autres et se sentir infĂ©rieur Ă  eux, s’offensant si on ne leur accorde pas un traitement spĂ©cial. On les reconnait par leur introversion, leurs Ă©motions nĂ©gatives, leur froideur, leur hostilitĂ©, leur besoin de reconnaissance, le fait qu’ils se croient tout permis, et leur Ă©gocentrisme.

Ces deux styles de vampires permettent de jouer des nuances dans le comportement de vos personnages—pouvant mener à des situations bien différentes selon si vous jouez un grandiose ou un vulnérable!

Comment les démasquer

Les signes qui pourraient permettre aux joueurs et joueuses de les jouer au plus près de ce que sont les vampires réels (ou de les repérer en tant que victimes!) sont multiples. Vous pouvez choisir parmi les comportement suivants:

  • ils croient que tout leur est dû—ils n’ont pas Ă  suivre les règles, doivent ĂŞtre privilĂ©giĂ©s par rapport Ă  tout le monde, et on devrait leur obĂ©ir en tout point… sinon gare!
  • ce sont des manipulateurs—leur soif de contrĂ´le sur autrui n’a pas de fin. Ils trouvent toujours l’angle d’attaque pour obtenir ce qu’ils veulent, et pour qu’on leur obĂ©isse. Cajoleries, menaces voilĂ©es, tentatives de persuasion, tout est bon pour arriver Ă  leurs fins.
  • ils ont besoin d’être admirĂ©s—ils trouvent des moyens d’être le centre de l’attention de tout le monde. Ils sont comme le coq dans la basse-cour, paradant, allant piquer les poules Ă  droite Ă  gauche, et lançant des cocoricos Ă  tout va pour se faire remarquer. MĂŞme quand ils ne sont pas lĂ  on ne parle que d’eux. C’est d’ailleurs un signe certain pour les reconnaĂ®tre! Que ce soit pour les encenser, pour mĂ©dire sur eux, ou pour s’interroger sur leur comportement, ils sont de toutes les conversations.
  • ils manquent d’empathie—cruautĂ© envers les animaux, phrases assassines envers leurs collègues, absence de sentiments lors d’un Ă©vènement tragique comme une mort dans la famille… tous ces signes sont, pour eux, non seulement attendus, mais ils s’en vantent, mĂŞme! Ils ne sont pas soumis Ă  leurs Ă©motions comme le reste des mortels, eux. D’ailleurs, ils se comparent souvent Ă  des robots, le tout dit avec un ton supĂ©rieur. Tout signe de sensibilitĂ© est une feinte, une ruse—une compĂ©tence qu’ils ont acquise pour manipuler autrui.
  • ils adorent voir les autres souffrir—en dĂ©molissant les autres, ils se sentent mieux. SupĂ©rieurs. Ils ont besoin que leurs victimes se noient pour se sentir vivants. Ils envient leur bonheur, qu’ils ne peuvent pas possĂ©der de par leur nature, et qu’ils essaient inlassablement de leur dĂ©rober.
  • ils sont plein d’arrogance et se surestiment—leur ego est dĂ©mesurĂ©. Ă€ leurs yeux, ce sont eux les plus beaux et les plus enviĂ©s. Ils se croient capables de tout mieux faire que les autres, savent mieux que les experts dans n’importe quel domaine, et rabaissent ceux qui ne sont pas d’accord avec eux. C’est aussi pour cela qu’ils ne supportent pas de s’entendre dire leurs quatre vĂ©ritĂ©s, mĂŞme quand elles sont dites avec amour. La fameuse impossibilitĂ© du vampire de se voir dans le miroir?—à part pour s’admirer, Ă©videmment.
  • les victimes, ce sont eux, pas vous—s’ils leur ont fait du mal, c’est de la faute de leur victime. S’ils ont dit quelque chose de blessant, c’est le choix de la victime de se sentir blessĂ©e. Ils ont dit une horreur? La victime a mal compris. Ils prĂ©sentent de fausses excuses (”Je suis dĂ©solĂ© que tu aies mal compris”). Ils projettent tous leurs dĂ©fauts sur elles. D’ailleurs, c’est aussi comme cela que les victimes peuvent savoir de quelle façons ils sont en train de les trahir. Les vrais vampires les accusent de mentir parce ce sont eux les menteurs. Ils les accusent de tromperie parce que ce sont eux qui couchent ailleurs. Ils les accusent de vol parce que ce sont eux les voleurs.
  • ils dĂ©nigrent leur entourage—pas toujours face Ă  face. Ils ont des tactiques pour dire des horreurs en les masquant derrière de “l’inquiĂ©tude” pour leurs victimes. Ils aiment dire qu’ils utilisent “la mĂ©thode douce mais ferme”, mais ce n’est jamais pour aider les personnes Ă  qui ils s’adressent… c’est pour pouvoir mieux les contrĂ´ler ou les rabaisser, sous couvert d’une bienveillance dont ils ne sont pas capables!
  • ils mentent, et pas toujours très bien—mais toujours avec un grand aplomb. Ils se contredisent souvent, parce qu’ils mentent tellement souvent qu’ils n’arrivent pas Ă  se rappeler de ce qu’ils ont dit. Mais ils comptent sur leur audace pour faire douter leurs victimes de votre propre santĂ© mentale, en les assurant qu’elles ont mal compris (ou pire, que les victimes disent des mensonges pour leur faire du mal Ă  eux). Et ça marche!
  • ils savent quoi dire ou faire pour sĂ©duire—ils ont un radar Ă  trouver les failles Ă©motionnelles chez les personnes en face. Et ils comblent ces failles sans coup fĂ©rir… au dĂ©but. Par la suite, ils utilisent ces failles pour dĂ©truire leurs victimes. En plus de cette phase de sĂ©duction initiale, ils sont gĂ©nĂ©ralement charmants en sociĂ©tĂ©, et ce faisant personne ne veut croire que leurs agissements sont cruels ou dangereux avec leurs victimes en privĂ©.
  • ils ont une moralitĂ© douteuse—et ce, alors mĂŞme qu’ils proclament haut et fort leurs valeurs! Ils s’entourent de personnes qui sont aussi douteuses qu’eux moralement, voire ouvertement malhonnĂŞtes, afin de gagner des avantages ou du pouvoir sur les autres.
  • ils limitent les dĂ©gâts Ă  l’avance, car leur rĂ©putation les prĂ©cède—toute personne susceptible de voir Ă  travers leur masque se retrouve expulsĂ©e de leur vie, ou—s’ils ne peuvent pas l’éjecter facilement—se trouve accusĂ©e de tous les maux. Et c’est facile pour eux, parce que dès le dĂ©but de leur relation avec cette victime, ils vont saper sa rĂ©putation en lui attribuant tous leurs dĂ©fauts, ou carrĂ©ment en mentant. Ainsi, tout le monde les plaint, les trouve courageux de supporter cela, et au final les gens sont de leur cĂ´tĂ© si jamais il viennent Ă  ĂŞtre dĂ©masquĂ©s par ladite victime (ou si leur vient l’envie de s’en dĂ©barrasser pour une nouvelle victime).
  • leur but est d’isoler—pour asseoir leur emprise, c’est plus simple si leur victime n’a pas de rĂ©seau de soutien. Que ce soit en l’emmenant loin de sa famille et de ses amis, en lui faisant du chantage affectif, ou carrĂ©ment en semant la zizanie entre elle et ses proches, le vrai vampire trouvera un moyen pour n’être que le seul soutien—et bourreau—dans la vie de sa victime. Il s’arrange pour qu’elle ne puisse pas s’échapper, et la rend dĂ©pendante de lui par tous les moyens.
  • leur langage est pervers—ils manient superbement l’ambiguĂŻtĂ© pour pouvoir influencer leur narration. Son but: embrouiller l’esprit de leur victime. Changements abrupts de sujet, culpabilisation, apitoiement sur leur propre sort, tout est bon pour garder le dessus dans la conversation.
  • ils s’assurent que leur victime reste en position de faiblesse—ils poussent la victime Ă  adopter, petit Ă  petit, une vision faussĂ©e d’elle-mĂŞme, afin qu’elle reste sous leur coupe. Ils souhaitent qu’elle se sente redevable envers eux.
  • ils drainent les autres—pas de leur sang, cette fois, mais de leur Ă©nergie. Leurs victimes sont Ă©puisĂ©es, et cessent peu Ă  peu de rĂ©sister Ă  leur manipulation. Elles se laissent rabaisser, car toute tentative de se dĂ©fendre amènera un dĂ©versement de mauvais traitements.

Les vrai vampires ont-ils une maladie mentale?

Il parait que c’est un trouble mental, cette toxicité—ce vampirisme sans consommation de sang.

Si jamais vous voulez aller plus loin dans ces découvertes, il y a une entrée à leur sujet dans le DSM-V (Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders, ou Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux et des troubles psychiatriques en Français). Ils sont référencés—non pas sous “vampires” évidemment—sous le trouble de la personnalité Anti-Social Personality Disorder (ASPD) par l’American Psychiatric Association (APA).

Je suis la maman neuroatypique de deux jeunes adolescents autistes. Comme vous pouvez l’imaginer, je suis donc très sensible à tout ce qui concerne le handicap et la différence, et je suis une personne qui cherche à avoir un maximum d’empathie et de respect pour tous et toutes.

C’est cela dit un point de non-retour en ce qui me concerne, ces vrais vampires. Si une partie de leur être n’y peut rien (ils sont le produit de leur nature et de leur enfance), je suis intimement convaincue que les vrais vampires savent exactement ce qu’ils font—c’est juste qu’ils ne pensent pas que ça soit un problème, vu qu’eux-mêmes n’ont pas d’empathie.

Pourquoi j’en suis convaincue? Parce qu’ils abusent leurs victimes en privé. Ils savent que c’est socialement inacceptable. Ils savent que sans leur masque et le soin qu’ils donnent à leur réputation, tout le monde les fuiraient.

Et s’ils savent que c’est mal, ils savent aussi qu’ils ne devraient pas le faire.

J’ai donc un capital de sympathie *extrêmement* minimal pour leurs difficultés. Infinitésimal. Non-existant?

J’en ai trop souffert, et je passe le flambeau de la tolérance aux personnes qui n’ont pas eu à pâtir de ces vampires tout au long de leur vie. Je leur souhaite bonne chance, et bien de la patience!

Les stratégies des vrais vampires

Si vous jouez un vampire basé sur les vrais vampires, il y a de quoi utiliser les stratégies suivantes pour enrichir votre gameplay. Attention, cela dit, car si vous y allez à fond, cela risque de devenir rapidement très stressant et fatiguant pour les autres joueurs et MJs.

Les vrais vampires ont un vrai arsenal psychologique Ă  leur disposition:

  • le gaslighting: un terme venant du film Gaslight. Il y a plusieurs versions du film, ma prĂ©fĂ©rĂ© restant Hantise avec Ingrid Bergman. La stratĂ©gie consiste Ă  pousser la victime Ă  douter d’elle-mĂŞme, Ă  manipuler les situations pour qu’elle pense devenir folle, ou croit perdre la mĂ©moire. Le rĂ©sultat recherchĂ© est de lui faire perdre confiance en ses capacitĂ©s, et Ă  la pousser Ă  faire confiance et Ă  obĂ©ir automatiquement Ă  tout ce que dit le vampire.
  • la triangulation: lorsque la victime n’est pas en accord avec le vampire, ce dernier inclus une troisième personne dans la conversation ou dans la dispute pour faire pencher la balance de son cĂ´tĂ©. Évidemment, le vampire choisit une personne qu’il sait ĂŞtre d’accord avec lui… ou mĂŞme carrĂ©ment, ment Ă  cette personne en lui donnant de fausses informations au prĂ©alable, condamnant la victime et ses actions, pour les influencer et les mettre dans sa poche. La triangulation a un but prĂ©cis: habituer la victime Ă  cesser de contredire son vampire. Cela augmente son emprise et contrĂ´le sur elle, et l’isole au passage. Petit Ă  petit, cela devient trop Ă©puisant moralement d’essayer d’argumenter, et la victime cesse tout simplement de rĂ©sister.
  • la projection: on en parlait plus haut—ce sont eux les victimes, pas vous. La projection est un mĂ©canisme de dĂ©fense psychologique. Le vampire attribue ses propres dĂ©fauts de caractères Ă  sa victime. C’est un moyen d’éviter de regarder en face leurs propres actions. Cela marche car les vampires choisissent leurs victimes—entre autres—pour leur grande empathie et leur capacitĂ© Ă  se remettre en question… tout le reste n’est qu’une question d’habituer la victime Ă  accepter graduellement les mauvais traitement du vampire, souvent par fatigue ou en jouant sur sa mauvaise image d’elle-mĂŞme.
  • le contrĂ´le: les vampires ont besoin de contrĂ´ler leur victime, afin qu’elle reste sous leur coupe. Cela peut ĂŞtre un contrĂ´le Ă©motionnel, mais aussi des contrĂ´les plus matĂ©riels comme un contrĂ´le financier, ou les pousser Ă  arrĂŞter ou rater leur Ă©ducation. Les vampires essaient d’avoir le plus d’ascendant possible sur leur victime, accumulant les diffĂ©rentes sortes de contrĂ´le “pour leur bien” de façon sournoise, et resserrant leur piège sur elle petit Ă  petit.
  • l’insulte: oh, ils ne passent pas immĂ©diatement aux gros mots—d’ailleurs, si au dĂ©part les vrais vampires approchaient leurs victimes en les traitant de tous les noms et en leur foutant un gnon, ça serait beaucoup plus facile pour elles de choisir de les Ă©viter Ă  l’avenir. Non, les insultes sont tout d’abord des remarques nĂ©gatives sur la personnalitĂ© ou le comportement de la victime. Leur but est de rabaisser la victime, de la faire se sentir moins bien que les autres. C’est un travail de sape insidieux, oĂą le vampire tâtonne pour trouver les limites de sa victime, et les franchir de façon graduelle. Petit Ă  petit, les vampires les convainquent qu’elles ne mĂ©ritent pas d’être mieux traitĂ©es. Puis, la frĂ©quence et l’intensitĂ© de ces insultes augmente, la victime devenant habituĂ©e et presque “insensibilisĂ©e”. C’est devenu leur “normalité”.
  • les gĂ©nĂ©ralisations: les vampires n’hĂ©sitent pas Ă  gĂ©nĂ©raliser. “Toutes les [groupe de personne auquel appartient la victime] sont/font [comportement que n’aime pas le vampire]”. Cela mène la victime, qui est gĂ©nĂ©ralement un bĂ©ni-oui-oui (et je dis ça avec la plus grande affection possible—j’étais exactement dans le mĂŞme cas), Ă  essayer de changer son comportement pour lui faire plaisir ou se conformer Ă  ce que le vampire souhaite (voire mĂŞme encore, pour lui prouver tort). Cela la rend forcĂ©ment encore plus facilement manipulable pour le vampire.
  • changer les objectifs: le vampire change les règles au fur et Ă  mesure pour empĂŞcher la victime de rĂ©ussir. Il lui annonce que son succès n’en est pas un car il lui manque un Ă©lĂ©ment quelconque, qui selon lui la disqualifie, mĂŞme si son succès est reconnu par tous les autres. En faisant cela, il maintient sa victime dans un contrĂ´le continuel, car elle va tout faire pour gagner son approbation.
  • le love-bombing: c’est une explosion d’amour, d’attention de la part du vampire. Ils passent un temps excessif Ă  lui faire Ă©prouver d’intenses Ă©motions, Ă  les couvrir de cadeaux, ou Ă  leur faire des dĂ©clarations d’admiration sans fin. Le vampire s’en sert pour construire une confiance et une intimitĂ© rapide, oĂą la victime se sentira dĂ©sirĂ©e. Cela assure sa dĂ©votion au vampire. La victime continuera le reste de sa vie Ă  chercher cette intensitĂ© “idĂ©ale”, que le vampire va lui retirer dès qu’il la saura “acquise”. Le vampire peut retourner Ă  une phase de love-bombing s’il sent que sa victime risque de s’échapper de son emprise—mais cela ne dure jamais. C’est un cycle d’intense amour/haine, dont la phase de bonheur s’amenuise comme peau de chagrin très rapidement.
  • changer de sujet: si la victime a le malheur de recevoir un compliment d’autrui, le vampire va changer immĂ©diatement de conversation afin qu’elle ne puisse pas rĂ©parer sa confiance en soi. Son but est que la victime continue Ă  douter d’elle-mĂŞme—de ses capacitĂ©s, de son intelligence—pour pouvoir asseoir son contrĂ´le sur elle plus longtemps.
  • la salade de mots—le “word salad” en anglais. Lors d’une dispute, si la victime a l’audace de faire un reproche—mĂŞme une critique constructive—au vampire, celui-ci va rediriger la discussion sur un autre sujet. Les reproches—basĂ©s sur toutes les erreurs, vraies ou inventĂ©es, de la victime, mais aucunement le sujet initial—vont dĂ©filer, laissant Ă  peine le temps Ă  la victime d’argumenter ou de se dĂ©fendre. Enfin, lorsque l’argument du dĂ©but—qui n’a pas Ă©tĂ© rĂ©solu—est remis sur la table, ces reproches referont leur apparition, comme si la victime n’avait pas passĂ© la dernière heure Ă  s’expliquer et se justifier Ă  leur propos. C’est une stratĂ©gie de sape. La victime perd son temps et son Ă©nergie, et au final abandonne la partie, cĂ©dant la victoire au vampire. Cela lui apprend Ă  ne pas critiquer le vampire, ou Ă  ne pas lui demander de changement ou de comptes.
  • les flying monkeys: Oui, comme dans le magicien d’Oz, oĂą les singes ailĂ©s sont ensorcelĂ©s par la MĂ©chante Sorcière de l’Ouest pour harceler Dorothy et ses amis. Le terme “singes volants” a Ă©tĂ© repris en psychologie—ce sont les envoyĂ©s du vrai vampire. Ils sont sous son emprise aussi, manipulĂ©s, trompĂ©s, et utilisĂ©s pour saper encore plus la victime. Le pire, c’est que ces singes volants sont souvent des gens comme vous et moi. Ce ne sont pas des gens mauvais—ce sont des gens qui sont dupĂ©s. Parfois, ces singes volants sont des gens qui cherchent Ă  “maintenir la paix” et qui croient le vampire car c’est celui qui leur a parlĂ© en premier (et parfois depuis des semaines, car le vrai vampire commence son travail de sape très tĂ´t dans la relation, il n’attend pas le dernier moment pour semer le trouble dans les esprits des gens qui pourraient prendre le parti de la victime). Comme c’est très difficile d’expliquer l’emprise Ă  quelqu’un qui ne l’a jamais vĂ©cu, les singes volants ne croient pas un instant que le vampire—cette sĂ©duisante, charmante, agrĂ©able personne—puisse ĂŞtre cet ĂŞtre vil et gluant Ă  l’intĂ©rieur. D’ailleurs, les victimes n’en parlent gĂ©nĂ©ralement pas, pour s’éviter plus de problèmes—la loi du silence est reine quand on est sous l’emprise d’un vampire.
  • appuyer sur les insĂ©curitĂ©s de la victime: le vampire sait culpabiliser et faire honte Ă  sa victime. Durant la phase de love-bombing, il a appris toutes ses faiblesses, et a trouvĂ© les boutons sur lesquels appuyer pour lui faire du mal. Cela lui permet de la contrĂ´ler plus facilement.
  • faire la tĂŞte: mĂŞme si souvent le silence peut ĂŞtre une rĂ©ponse instinctive tout Ă  fait normale face Ă  une surcharge Ă©motionnelle, les vrais vampires l’utilisent comme tactique pour manipuler les autres. Ils ferment toute porte de communication pour punir leur victime. Cela inclut la communication orale, mais aussi l’intimitĂ© ou l’affection.
  • ĂŞtre passif-aggressif: les vrais vampires ont le chic pour dire des horreurs sans avoir l’air de les dire. Ils manient le sarcasme, les vacheries, pour garder leur victime dans un Ă©tat constant de questionnement. Cette dernière va passer tout son temps Ă  essayer d’être Ă  l’écoute et d’anticiper les besoins de leur vampire—n’en ayant finalement plus pour Ă©valuer leurs propres sentiments face Ă  cette relation.
  • ĂŞtre mĂ©prisant ou rabaissant: en groupe, le vampire va, sans en avoir l’air, rabaisser sa victime et ce qu’elle dit (ou ses accomplissements) pour garder le contrĂ´le sur elle. Le but est qu’elle se sente indigne de l’attention et de la considĂ©ration des autres.
  • traiter sa victime comme une enfant: en l’infantilisant, le vampire pousse sa victime Ă  croire qu’elle n’est pas capable de gĂ©rer les responsabilitĂ©s, ou qu’elle est incapable de faire certaines choses. Cette technique de sape accroit le contrĂ´le du vrai vampire sur sa victime, qui ne se croira pas capable d’échapper Ă  son emprise—si seulement l’idĂ©e lui en venait.
  • utiliser la culpabilisation: si la victime a le malheur d’ouvrir la bouche pour se plaindre des mauvais traitements dont elle est la cible, le vampire va la convaincre que c’est de sa faute—jouant encore sur les grandes capacitĂ©s de remise en question de leur victime. C’est très difficile de sortir de ce schĂ©ma. Ma devise, c’est: “quand il y a culpabilisation, il y a manipulation”.
  • utiliser la contrainte ou les menaces: on y vient—c’est quand le vampire se sent sĂ»r de son contrĂ´le sur la victime. Il n’hĂ©site pas Ă  obliger celle-ci Ă  lui obĂ©ir, faisant des menaces Ă  peine couvertes, faisant des privations tant qu’elle n’a pas suivi ses instructions… voire mĂŞme en allant jusqu’à menacer de se suicider.

Bien entendu, vous n’êtes pas obligé de pousser le vice à utiliser toutes ces stratégies—mais en choisir quelques unes ajoutera à l’authenticité de votre roleplay.

La vie en groupe des vrais vampires

On pourrait croire que les vrais vampires ne vivent pas vraiment les uns avec les autres, sauf dans de rares exceptions, parce qu’ils ne supporteraient pas de devoir se battre pour être le centre de l’attention, avec d’autres vampires qui font exactement les mêmes crasses qu’eux.

Mais apparemment, ils sont souvent de mèche. Ils ont tendance à être, d’ailleurs, les seuls à pouvoir cohabiter tranquillement avec leurs pairs. Ils supportent mieux les tendances cruelles et narcissiques des autres, et se renforcent dans ces comportements les uns les autres.

Ce n’est pas une réelle relation—ils ont d’ailleurs beaucoup de mal à garder des relations sur le long terme. C’est plus un contrat social: ils ont un contrat moral implicite de se mettre l’un l’autre sur un piédestal, de se gonfler l’ego mutuellement, et cela peut fonctionner tant qu’aucune critique n’est émise et qu’ils s’acceptent l’un l’autre de manière inconditionnelle. Il n’y a pas de réelle affection entre eux, et leur attachement l’un à l’autre n’existe que pour combler leurs besoins narcissiques.

Ils sont unis pour tomber sur une victime résistante à bras raccourcis. Ils vont utiliser toutes leurs stratégies pour attaquer de tous côtés et épuiser la personne qui a vu clair dans leur jeu. Leur but n’est alors plus la récupération du contrôle sur la victime, c’est l’anéantissement de celle qui les a démasqués—et qui ne sera donc plus jamais dupable.

Ils vont s’entourer d’un maximum de singes volants, pour faire le plus de dégâts possible.

Quand ils ne se supportent plus entre vrais vampires, ils chercheront à se détruire les uns les autres. Les vampires ne sont pas rationnels, aucun d’entre eux ne cédera. Il ne peut y avoir qu’un gagnant, alors ils continueront à se faire des crasses jusqu’à ce que l’un d’entre eux soit anéanti aux yeux de la société et qu’il doive aller se réinventer ailleurs.

Cela n’est pourtant aucunement une garantie que les combats entre eux s’en terminera là. Il n’est pas inhabituel que, temporairement désœuvré entre deux victimes, le vrai vampire ne cherche à nuire à des personnes de son passé. Il faut bien occuper ses journées!

Les victimes des vrais vampires

Et même si on joue des vampires au JDR, c’est bon de savoir certaines choses sur leurs victimes. Que ce soit parce que vous en jouez une (avant la transformation), parce que c’est vous qui menez le jeu, ou tout simplement parce que votre curiosité l’emporte et que vous voulez en savoir plus, voici ce que je pense important de savoir concernant les victimes des vrais vampires.

Comment ils choisissent leurs victimes idéales

Le problème des vrais vampires, c’est qu’ils sont vides de valeurs. Ils ont besoin de dévorer quelqu’un d’autre pour avoir l’impression d’exister. Comme les vampires de fictions se nourrissent du sang de leur victime, les vrais vampires pompent l’énergie, les qualités, la personnalité de la leur.

Une victime idéale, c’est:

  • quelqu’un qui a beaucoup d’empathie—mĂŞme trop, au point de s’effacer, de donner sa chemise, de faire passer les autres toujours avant elle-mĂŞme.
  • quelqu’un qui a des valeurs—que le vampire va pouvoir s’approprier, tout en tentant de souiller sa victime.
  • un “trophĂ©e”—le vrai vampire aime ĂŞtre admirĂ©, et choisira une victime qui fera bisquer les autres (par son charme, son intelligence, son humour, ou toute autre qualitĂ© prisĂ©e dans le cercle dans lequel il Ă©volue).
  • quelqu’un qui ne sait pas poser de limites—qui dit oui Ă  tout pour faire plaisir aux autres, qui ne se dĂ©fend pas, qui se laisse marcher sur les pieds sans rien oser dire.
  • quelqu’un qui n’y connait rien en troubles de la personnalité—le vrai vampire ne veut pas risquer de se faire dĂ©masquer. Cela dit, les grandioses peuvent y voir un challenge! Comme ils se pensent supĂ©rieurement intelligents, certains d’entre eux peuvent prendre la dĂ©cision de tenter quand mĂŞme le coup, comptant sur leurs capacitĂ©s pour duper une personne ayant ces connaissances-lĂ .
  • quelqu’un qui a dĂ©jĂ  vĂ©cu des sĂ©vices psychologiques—notamment dans son enfance. Dans ces cas-lĂ  c’est du pain bĂ©ni pour les vrais vampires. Et le plus important, c’est qu’elle n’ait a pas tirĂ© un enseignement par la suite. Cette victime a une connaissance intime des vrais vampires, tout en refusant de croire Ă  leur existence, et en tendant le cou pour se faire vampiriser.

Les vrais vampires ont besoin de l’énergie, de la passion, de l’amour inconditionnel de leurs victimes. Ils ont besoin de sucer tout ce qu’ils ne possèdent pas eux-mêmes, jusqu’à plus soif. Les victimes deviennent une coquille quasiment vide, facilement contrôlable, maltraitables à merci. C’est un excellent moyen, au passage, pour que les vrais vampires se fassent plaindre par leur entourage—quel courage, quelle abnégation, de supporter cette victime qui se laisse aller et n’est plus que l’ombre de ce qu’elle était! Cela comble leur besoin d’admiration et d’attention.

Comment ils attirent les victimes dans leurs filets

Les vrais vampires sont comme des caméléons. Ils remplissent leur coquille vide par une image de leur victime. Ils se transforment en miroir pour mieux la capturer. Ils montrent à leur victime ce qu’elle a envie de voir—souvent, elle-même.

Besoin d’amour et d’attention? Le vampire en déversera tant que la victime aura du mal à en croire sa chance. Ils sont extrêmement doués pour créer une intimité, un monde partagé par lui et sa victime seulement, qui provoque des sentiments d’euphorie chez celle-ci. Tout ça pour mieux l’en priver par la suite, pour la punir.

Ils savent montrer du charme, de l’attention, de la générosité envers leur victime. Leur sourire illumine sa vie… jusqu’à ce que la victime soit considérée comme “acquise”.

Mais cela fonctionne aussi dans d’autres relations que les relations amoureuses. Et quelque soit cette relation, aucune victime n’en sort jamais indemne.

L’état dans lequel ils mettent leurs victimes

J’ai l’impression que, dans les films ou les livres axés sur les vampires, on fait souvent peu cas de l’état psychologique de leurs victimes. Elles sont là comme un mécanisme de narration, pour montrer que les vampires sont des monstres qui boivent leur sang et utilisent leurs corps, mais on s’arrête peu sur l’étendue des dommages psychologiques qu’ils leur infligent.

Si on se base sur l’état dans lequel se retrouve les victimes des vrais vampires, pour donner un goût de véracité à nos histoires, on peut puiser dans l’assortiment de réactions de ses victimes de la vraie vie. Qu’elles soient au bout du rouleau, ou encore fraîchement sous l’emprise du vampire, voici quelques réactions que peuvent avoir les victimes dans vos parties de jeu de rôle:

  • elles sont Ă©puisĂ©es—le vrai vampire est boostĂ© par l’idĂ©e de nuire. PortĂ© par cette Ă©nergie, il peut s’assurer que sa victime n’ait pas le temps de se reposer ou de se divertir. Il la rĂ©veille plusieurs fois par nuit, rajoute des items Ă  sa liste de chose Ă  faire, fait du bruit excessif pour qu’elle ne puisse pas profiter d’un instant de calme, etc. De plus, les victimes ne se reposent plus, par peur qu’on leur reproche de mal faire.
  • elles ne savent plus qui elles sont, elles ne se reconnaissent plus—elles se sont faites vampiriser de toute leur personnalitĂ© et de toute leur Ă©nergie. Elles font tellement confiance au vrai vampire qu’elles le croient quand il les dĂ©nigre.
  • elles marchent tout le temps sur des Ĺ“ufs—peur de mal faire, peur de la colère du vrai vampire, peur de se tromper… Les victimes prennent toutes les prĂ©cautions pour garder la paix. Dommage que ça ne marche jamais!
  • elles se sentent isolĂ©es—entre les campagnes de diffamation du vrai vampire, et le fait qu’il les Ă©loigne de leurs familles et de leurs amis (physiquement, en les faisant dĂ©mĂ©nager, ou en semant la zizanie dans leurs relations), les victimes ne savent pas vers qui se tourner pour obtenir de l’écoute.
  • elles ont beaucoup de mal Ă  prendre des dĂ©cisions—c’est liĂ© aux critiques constantes et au dĂ©nigrement que subit la victime. Cela devient alors difficile pour elle de se faire confiance, vu le peu d’estime qu’elle se porte. Le vrai vampire va lui faire croire qu’elle n’est pas capable de faire de bons choix, afin de la garder sous son contrĂ´le.
  • elles ont des symptĂ´mes physiques—changement dans leur appĂ©tit, maux de ventre, nausĂ©es, insomnie, fatigue, maux musculaires, douleurs diverses. Leur corps essaie de leur signaler que tout ce stress n’est pas bon pour elles.
  • elles sont incapables de poser des limites—le peu qu’elles avaient la capacitĂ© de poser au dĂ©part, dĂ©jĂ . Le vrai vampire va punir la victime, la pousser dans ses retranchements, l’épuiser, jusqu’à ce qu’elle ne pose plus de limites du tout.
  • elles sont anxieuses et dĂ©pressives—la victime ne sait jamais Ă  quoi s’attendre de la part du vrai vampire. Elle s’inquiète, est nerveuse, a peur. C’est difficile pour elle de garder quand elle croit n’avoir aucune valeur. Elle perd son intĂ©rĂŞt envers ce qui la rendait heureuse avant. Elle abandonne tout espoir d’un avenir meilleur, se sentant piĂ©gĂ©e.

C’est difficile de trouver des histoires de vampires avec des victimes “réalistes”.

Un des meilleurs exemples basés sur les vrais vampires, pour moi, est la relation entre Buffy et Angelus, qui lui fait subir d’innombrables sévices psychologiques en profitant du fait qu’elle l’aime toujours. Buffy passe par de nombreuses phases où elle devient la victime d’Angelus. Sa vocation de Tueuse l’isole du reste de la société, mais elle n’est pas réellement seule avec le Scooby Gang… la plupart du temps. Au final, face à Angelus, elle se retrouve seule.

Image tirée de Buffy the Vampire Slayer

Mais Buffy est une super-héroïne. Angelus a beau saper sa confiance en elle, essayer de l’isoler de ses amis (allant jusqu’au meurtre de sa professeure), jouer avec ses sentiments, profiter de son amour pour lui, elle a une force intérieure surhumaine, équivalente à sa force physique.

Ses circonstances ne sont pas comparables avec celles d’une victime humaine.

Comment les vrais vampires empĂŞchent leurs victimes de partir

Le vrai vampire a souvent de nombreuses victimes en rotation. Il a sa victime actuelle et tout un tas de victimes passées ou potentielles, avec lesquelles il cycle. On n’est jamais réellement libérée d’un vrai vampire, à moins d’arriver à partir loin et changer de nom. Mais le vrai vampire a généralement une victime principale à laquelle il dévoue le plus de temps (généralement, celle qui lui donne le meilleur status social). Voici quelques façons dont il l’empêche de partir:

  • le “crazy making”—le vrai vampire est hyper douĂ© pour lancer des piques en sous-marin. Il arrive Ă  insulter sa victime sans en avoir l’air, et aime le faire en prĂ©sence d’autres personnes. Comme cela, quand la victime rĂ©agit, si elle a le malheur de se mettre en colère, c’est elle qui passe pour une caractĂ©rielle—car elle est la seule Ă  percevoir le sens derrière les paroles du vrai vampire. Celui-ci s’en rĂ©jouit, car cela joue parfaitement dans sa campagne de diffamation secrète.
  • la loi du silence—c’est dĂ©jĂ  très difficile d’avouer qu’on est une personne maltraitĂ©e. De plus, le vrai vampire passe son temps Ă  renverser les rĂ´les, et Ă  accuser sa victime de tous les maux—du coup celle-ci doute d’elle-mĂŞme. Grâce Ă  son travail de sape envers sa victime, le vrai vampire s’assure qu’elle est dĂ©jĂ  discrĂ©ditĂ©e aux yeux de son entourage. La victime se rend vite compte que, quoi qu’elle dise, cela ne fait qu’empirer sa situation: son entourage la critique ou ne la croit pas, le vampire la punit d’avoir parlĂ©, personne ne la croit, et personne ne lui tend la main. C’est plus sĂ»r pour elle , et moins Ă©puisant, de ne rien dire et de souffrir en silence—d’abandonner l’idĂ©e d’avoir une quelconque personnalitĂ© propre. Toute tentative de s’échapper devient du coup une vraie montagne Ă  franchir.
  • le contrĂ´le—le vrai vampire va Ă©tablir son contrĂ´le sur sa victime de plusieurs façons. Cela peut ĂŞtre un contrĂ´le financier, en la poussant Ă  arrĂŞter de travailler, ou acadĂ©mique, en s’arrangeant pour qu’elle ne rĂ©ussisse pas ses Ă©tudes. Certains vampires profitent aussi de leur status dans leur communautĂ© spirituelle pour intimider leur victime.
  • le discrĂ©dit—un vrai vampire ne va jamais en thĂ©rapie. Pour lui, c’est la victime le problème, lui est parfait. Mais s’il sent que sa victime commence Ă  lui Ă©chapper, il va aller en thĂ©rapie de couple. Seulement, cela ne peut jamais marcher. Le vrai vampire va sĂ©duire le psychologue en face, mentir, tourner la faute sur la victime, s’inventer des raisons valables pour ses actions… son but n’est de toute façon pas de faire fonctionner la relation—c’est de maintenir son contrĂ´le sur la victime, qui va la plupart du temps se retrouver abandonnĂ©e et trahie par le thĂ©rapeute. La plupart des thĂ©rapeutes ne sont pas formĂ©s pour cela, et se font duper facilement par les vrais vampires.
  • la peur—le vrai vampire peut aussi la contrĂ´ler par la peur, avec des abus physiques ou sexuels. Il peut menacer sa victime de mort pour la dissuader de partir.
  • ChucknesmĂ©e

    les liens indestructibles—notamment, les enfants en commun. Les tribunaux n’écoutent pas les parents victimes de leur conjoint vampire, et les vrais vampires en jouent en obligeant les victimes à rester, sous risque de perdre l’accès à leurs enfants. Ceci est moins utilisable dans le cadre d’une partie de JDR (les vampires peuvent-ils avoir des enfants avec leurs victimes? Euh… Renesmée?!), mais il existe certainement certains autres liens à utiliser. Pourquoi pas une addiction au sang du vampire? La connaissance d’un crime auquel la victime a participé—volontairement ou non?

Le vrai vampire garde autant d’as que nécessaire dans sa manche. Il ne supporte pas d’être écarté par ses victimes, et peut aller très loin pour garder un contrôle sur elles—ne serait-ce que d’avoir le plaisir de contrôler leurs émotions, en trouvant des moyens de leur faire peur, de les mettre en colère, etc. même si elles ont réussi à partir.

Comment jouer un vampire de fiction en s’inspirant des vrais vampires?

Alors, comment utiliser toutes ces informations pour donner encore plus de saveur Ă  nos vampires fictifs?

Dans le jeu de rôle Vampire, il y a des traditions—des coutumes ancestrales qui sont plus ou moins mises en vigueur selon le prince de l’endroit où vous êtes. C’est un peu la loi des vampires, si vous voulez. Tous les vampires de la Camarilla doivent les respecter.

Les deux traditions qui peuvent s’appliquer aux vrais vampires

  • la mascarade—Tu ne rĂ©vèleras point ta vraie nature Ă  ceux qui ne sont pas du Sang. C’est Ă©videmment une règle très importante, quand on veut Ă©viter que toute la rue ne soit au courant qu’on est un monstre. C’est aussi crucial pour les vrais vampires, pour qui leur rĂ©putation est de la plus haute importance. Alors, s’ils traumatisent leurs victimes lorsque les portes sont closes, face au reste de la sociĂ©tĂ© ils font tout leur possible pour paraĂ®tre les meilleurs. On dit souvent d’ailleurs qu’ils portent un masque.
  • le domaine—Les affaires de ton domaine ne regardent que toi. On revient sur la loi du silence Ă©voquĂ©e plus haut. Les victimes des vrais vampires ont peur de parler. Elles ont Ă©tĂ© habituĂ©es Ă  ĂŞtre sĂ©vèrement punies quand elles ont l’audace de se confier. Cela leur retombe systĂ©matiquement dessus. Elles ne savent pas Ă  qui se fier, et leur intuition leur dit que personne ne va les protĂ©ger—souvent Ă  raison.

Le golden child et le scapegoat

Lorsque le vrai vampire a des enfants, il en favorise souvent un—celui qui, de par son caractère ou ses qualités, peut amener le plus d’admiration au vrai vampire. Celui-ci est considéré comme le préféré, le *golden child*.

Dans les fratries, il y a aussi souvent le bouc émissaire, le *scapegoat*. Celui-ci est toujours comparé au golden child, rabaissé, ignoré, dénigré. Cela provoque souvent des rancunes parmi les frères et soeurs. Le vrai vampire se sert de cette triangulation pour semer la zizanie et se nourrir de l’énergie dépensée par ses enfants pour lui plaire—ou tout simplement, se réjouir du contrôle qu’il a sur son entourage.

Cela pourrait être un duo de PJ intéressant, non? Cette dynamique est parfaite pour créer des histoires (conflit indirect, triangulation). Deux vampires créés en même temps, l’un qui a toutes les opportunités, obtient toutes les faveurs, a tous les droits, et l’autre qui reçoit tous les reproches, l’indifférence.

On retrouve cette dynamique dans beaucoup de films et séries télé, vous pouvez vous en inspirer facilement, tout en les adaptant au monde de Vampire. Souvent, ce sont des comédies… alors que cette dynamique est souvent tragique, au moins pour l’un des deux enfants concernés.

  • Monica et Ross Geller, dans Friends
  • Nellie et Willie Olson, dans La petite maison dans la prairie
  • Boromir et Faramir, dans Lord of the Rings

L’impunité des vampires

  • dans vraie vie—les vrais vampires ne sont quasiment jamais inquiĂ©tĂ©s. La plupart des gens, justice incluse, se refusent Ă  croire Ă  leurs agissements. Ils sont très douĂ©s pour ne pas laisser de traces, ou pour passer pour des gens bien. Du coup, Ă  moins de pouvoir disparaĂ®tre vous-mĂŞme, les faire disparaĂ®tre (des amis dans la mafia?), ou avoir le cul bordĂ© de nouilles (et leur karma fait qu’un camionneur innocent va leur rouler dessus plusieurs fois de suite par accident), il va falloir les subir.
  • dans un JDR—les vampires dans les jeux de rĂ´le ont beaucoup d’avantages par rapport aux humains, bien entendu, mais ils ne sont pas invincibles. Ils ont des relations avec la police, les tribunaux, les avocats, tous les gens dans la politique, etc.—mais est-ce qu’ils sont intouchables? NON. Et c’est lĂ  toute la diffĂ©rence avec la vraie vie (Ă  moins que vous ne soyez en vrai un justicier autoproclamĂ©, dans ce cas-lĂ  j’ai des listes si vous ĂŞtes dĂ©soeuvrĂ© (je rigole) (mais quand mĂŞme) (non, Nathalie, le karma bordel!)). Dans un jeu de rĂ´le, ils peuvent tout Ă  fait devenir une proie Ă  leur tour, si les chasseurs sont bien Ă©nervĂ©s.

Et vous? Comment incluriez-vous les tendances des vrais vampires dans une partie de jeu de rôle? En tant que MJ ou en tant que personnage joueur? Quelles sont les stratégies que vous emploieriez pour assaisonner votre vampire avec une pincée de trouble de la personnalité?

Et si moi j’ai pas envie de jouer un monstre?

On va pas se mentir: les vampires, c’est quand même des vieux pourris moisis qui sentent le pet. Du coup, c’est pas toujours évident pour tout le monde de vouloir jouer un monstre. Je suis sûre qu’il y en a que ça ne dérange pas, et tant mieux pour eux s’ils peuvent trouver du plaisir à ce genre de pratiques, mais même le jeu de rôle Vampire a un mécanisme d’humanité qui encourage les joueurs et joueuses à trouver un équilibre.

Alors comment trouver un entre-deux qui permette de jouer à la fois des monstres sans se sentir complètement corrompu? Y a-t-il des façons de jouer sur la lame du rasoir—en acceptant sa part d’obscurité, tout en essayant de se raccrocher fermement à ce qui nous rend humains?

Je sais, je vous entends déjà rouméguer: “gna gnou gni Twilight les vampires qui brillent saynul bouh Stephenie Meyers sait pas écrire”, mais je trouve la trope du vampire Byronien qui souffre de sa condition tout en étant conscient de sa monstruosité plutôt intéressante. Les Cullens sont un cas rare parmi les vampires de l’univers de Twilight—un des deux seuls clans à avoir choisi de ne pas se nourrir d’humains. Pris de haut par les autres qui ne comprennent pas ce désir de ne pas être des monstres, ils continuent cependant à essayer de vivre une vie qui ne leur est pas adaptée pour respecter le reste de leur humanité.

True Blood

Dans la série de La Communauté du Sud par Charlaine Harris, la plupart des vampires essaient de s’adapter à la vie parmi les humains après avoir fait la révélation mondiale de leur existence—en assurant qu’ils n’étaient plus dangereux pour les humains, puisqu’une alternative synthétique acceptable au sang a été créée (le Tru:Blood).

Mais on voit bien au fil des livres que ces vampires ne sont pas des humains. Leur moralité n’est pas la même que la nôtre. Certains jouent un rôle en faisant mine de s’intégrer dans la société. D’autres essayent vraiment, mais ne réussissent pas réellement.

La relation entre Bill Compton et Sookie Stackhouse a beau sembler romantique au début, Sookie se retrouve emmêlée bien vite dans l’univers sombre des vampires, et elle se rend compte petit à petit qu’elle ne peut pas leur faire confiance, malgré tout l’amour qu’elle peut leur porter.

Je trouve que ce sont deux bons exemples de comment on pourrait procéder, si on veut éviter de jouer un monstre à Vampire. Que ce soit par conviction personnelle et envie de rester au plus proche de votre humanité, ou par commodité pour pouvoir vivre parmi les humains, on marche sur la corde raide.

Peut-être que votre personnage vampire a une bonne raison de vouloir s’accrocher à son humanité. Peut-être a-t-il encore de la famille vivante, dont il ne veut pas se séparer? Peut-être a-t-il été élevé Bouddhiste, et a-t-il envie de respecter la vie—même si c’est extrêmement difficile d’atteindre ce but?

Mais comment jouer un monstre qui ne veut pas en être un? Justement en jouant sur cette dualité. Parfois le monstre va gagner, parfois c’est le côté humain.

Une des tropes connues pour les monstres qui veulent rester accrochés à leur humanité, c’est le compromis: ils vont accepter d’être des monstres le temps d’éradiquer les autres monstres définitivement. Ils partent à la recherche du monstre d’origine pour le tuer, annihilant par ce fait le reste de sa progéniture vampirique. On en voit des exemples dans Supernatural, dans Blade: Trinity, dans The Forsaken, dans Les journaux de la famille Dracul par Jeanne Kalogridis, dans Vampire, vous avez dit vampire?, ou bien dans Vampires de John Carpenter.

Il faut toujours buter le Papounet Vampire pour arrêter sa malédiction, et ça ne finit pas toujours très bien pour sa lignée (vous y compris).

Mon histoire personnelle fait que je jouerais plus volontiers Ă  Hunter, tout de mĂŞme

Quand j’étais petite, je rêvais d’être un monstre. Je me repaissais d’histoires surnaturelles. Je rêvais de devenir immortelle.

Parce que j’étais une enfant, je ne voyais que le côté fun de la chose: être spéciale, avoir des pouvoirs, être forte contre les autres, appartenir à un groupe de gens spéciaux… Dans mes fantasmes, ça n’allait même pas me faire mal. Le vampire me piquerait tout doucement, le loup-garou ne me mordrait que le petit bout du doigt pour me transformer, etc.

Aujourd’hui, malgré tout l’amour que je porte à l’épouvante et aux créatures surnaturelles, je me verrais plus dans le camp des Hunters. Et d’ailleurs, même si je ne pars pas pieu au poing taper toutes les sangsues du coin, j’agis dans mon quotidien pour aider quand je le peux les victimes des vrais vampires.

Ma meilleure arme, c’est la connaissance.
Son partage, mon meilleur angle d’attaque.
Mon soutien inconditionnel, la meilleure façon d’aider une autre victime à s’émanciper.

En lisant ce dossier, aujourd’hui, vous avez été sans le savoir mon bras armé. C’est comme un Malabar bi-goût: vous avez d’un côté réuni tout un tas d’infos pour vous régaler à jouer des parties de Vampire, et d’un autre côté vous avez appris des secrets concernant les vrais vampires.

Quand une victime viendra se confier Ă  vous, vous saurez.

Quand vous croiserez des vrais vampires—dans la rue, au bureau, au prochain repas de famille… ou pire: chez vous ce soir—vous saurez.

Ă€ vous de voir ce que vous ferez de ce savoir.

Merci Ă  Arkhane Asylum Publishing de m’avoir donnĂ© la permission d’utiliser les illustrations de leurs livres de jdr!

2 Comments

  1. Patate des ténèbres

    Bon au moins, nous savons dĂ©sormais que ton traitement de texte n’est pas limitĂ© en nombre de mots! SacrĂ© article, sur un sujet m’incitant Ă  chĂ©rir ma nature solitaire, car pour malheureusement en identifier assez souvent durant mes animations, j’avoue dĂ©tester voir ce besoin d’emprise en action, et en effet, ce sont souvent des comportements “normaux”, comme si le besoin de rabaisser Ă©tait une marque de caractère acceptĂ©e (encouragĂ©e). Bref, j’ai Ă©tĂ© happĂ© par ton sujet, car c’est essentiellement ce qui m’incite Ă  me tenir Ă  l’Ă©cart des sapiens sapiens – notre sociĂ©tĂ© actuelle ayant tendance Ă  encourager nos plus vilains travers, et bien entendu, je te souhaite de toujours garder Ă  portĂ©e de main un lot de pieux bien affĂ»tĂ©s, ainsi qu’une haleine aux fragrances d’ail.

    Reply
    • Nathalie Julien

      Merci de ton commentaire! 🙂

      J’ai Ă©tĂ© quelques temps une solitaire par choix, après ces Ă©preuves, et finalement je suis contente de m’ĂŞtre autorisĂ©e Ă  nouveau Ă  ĂŞtre vulnĂ©rable. C’est juste que maintenant je sais qu’il faut que je fasse attention Ă  ne pas me laisser entre des mains manipulatrices.

      Après, je comprends aussi qu’on n’ait pas les mĂŞmes besoins ou envies que moi, hein! 🙂

      Mais j’ai aussi vu beaucoup de personnes (surtout des femmes) passer au cĂ©libat, pas par choix mais par peur. C’est comprĂ©hensible aussi, mais triste, surtout quand on sait Ă  quel point la vie peut ĂŞtre belle avec la bonne personne quand on aime ĂŞtre en couple. 🙂

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Féministe multipotentielle et omnipassionnée. Neurospicy, malade chronique, et assidue de la slow life.

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