Je sais pas ce qu’il m’a pris, mais cette année j’ai commencé à noter les trucs que j’écoute, regarde et lis.

Il y a peut-être une raison: j’ai l’impression de ne plus me cultiver autant qu’avant. Je me souviens d’un temps où je lisais un roman en une journée. Je me souviens du temps où je binge-watchais tout un paquet de séries. À une époque, même, j’achetais des albums de mes groupes préférés—et même, je les écoutais! Tout ça en bossant, en m’occupant de mes fils, en gérant la maison.

Et puis la fatigue m’a rattrapée. Ma maladie chronique aussi. Et ces temps-ci, j’ai l’impression de ne plus être capable de rien. Du coup, en notant ce que je fais dans mon bullet journal, et en référençant la culture que je consomme, cela me permet de voir que je ne suis pas aussi inutile et vide de sens que mon cerveau déprimé veut bien me le faire croire.

J’ai encore des trucs à vivre, et j’ai encore des trucs à dire.

Alors voilà, si tu passes par là et que tu cherches à savoir si j’ai aimé des trucs culturels, vieux ou nouveaux, ces derniers temps, voici ma rétrospective culturelle de janvier 2024. N’hésite pas à me dire ce que toi tu as aimé dans les commentaires, je suis friande de recommandations!

Ah, et attention, spoilers probables!

Films

Comme avec mon épouxe on est des vieux croûtons qui se couchent tôt et se lèvent avec les poules (on est des matinaux), on a tendance à éviter les films le soir en semaine. Des fois, en été, on arrive à en regarder, mais la plupart du temps on s’endort devant. Ça fait très quatrième âge finissant, manque plus que les couronnes mortuaires, mais on assume.

Alors on s’en tient aux films les week-ends, et on en regarde surtout les après-midi. C’est un moment hyper agréable (surtout que récemment on a acheté un schmürz à popcorn), et qui nous permet d’arriver à la fin de la majorité des films qu’on regarde.

Mystic River (2003)

C’est pas vraiment le genre de films qui m’attire au premier coup d’oeil. On a regardé ça, je crois, un après-midi où je n’avais rien dans notre escarcelle de films à regarder. Snandy l’avait déjà vu, et j’étais partante pour à peu près n’importe quoi tant qu’on ne me demandait pas de choisir (ma hantise).

C’est une histoire déchirante, d’où qu’on la regarde. À éviter si vous êtes sensible, car elle aborde beaucoup de sujets choquants, même si, si ma mémoire est bonne, rien n’est montré à l’écran. Cela n’en reste pas moins traumatisant. Jusqu’au bout, on se pose des questions sur le coupable, et tout est résolu de façon satisfaisante à la fin—et pourtant cela finit durement.

Let the Right One In (2008)

C’est beau. C’est bien filmé. Ça prend le temps de tout poser, et ça pose tout bien.

C’est touchant d’humanité. Et en même temps, ça glace le sang.

J’ai été victime de harcèlement, moi aussi, à partir du collège. Le mien était plus moral que physique, mais j’ai de l’empathie pour le pauvre Oskar. Cela ne m’empêche pas de me dire qu’Oskar, c’est quand même un tueur en série en devenir, hein. Moi aussi, j’ai rêvé que mes bourreaux passent sous les roues d’un camion, ce camion miraculeux que je souhaite de rencontrer tous ceux et celles qui me font du mal… mais jamais je n’ai rêvé de, moi-même, passer à l’action.

Encore une fois, beaucoup de choses traumatisantes (en même temps, c’est un film de vampires) mais la plupart des moments qui m’ont fait m’agripper à ma couverture n’ont rien à voir avec les meurtres et le sang. C’est plus profond que ça, plus insidieux, et plus abject.

Je suis en train de lire le livre, qui est excellent lui aussi.

Mon épouxe Snandy t’en cause aussi, là.

Talk to Me (2022)

Y a-t-il quelque chose qui m’agace plus que des ados qui font des conneries? C’est pas sûr. Peut-être des adultes qui font des conneries.

Toujours est-il que ce film était merveilleux malgré la franche adolescenterie des adolescents qui y sont dépeints. Entre l’envie de gueuler sur l’écran à ces petits merdeux d’arrêter leurs conneries, et le temps passé à me questionner sur quelle serait ma réaction à leur place, et à me dire que oui, peut-être j’aurais été aussi conne qu’eux à leur place, j’ai passé un moment excellent.

C’est rare qu’un film me fasse m’attacher à ses protagonistes en quelques minutes. Ils étaient tellement vrais, tellement humains, que leurs actions n’en ont que plus d’impact et de profondeur. En tant que spectatrice, j’étais investie immédiatement. Bref, je vous le recommande chaudement si vous aimez les films qui fichent la frouille!

Mon épouxe Snandy, ce sale, en a aussi déjà parlé ici.

Onyx the Fortuitous and the Talisman of Souls (2023)

Quand Snandy m’a dit qu’il voulait voir ce film, j’ai eu une petite frayeur. Cela pouvait être rigolu, comme une daubasse immonde. Mais parce que j’aime mon épouxe de tout mon être, j’ai dit oui. Okay. Visionnons ce film.

Et finalement, j’ai passé un bon moment. Il y avait des trucs un poil agaçants, comme Onyx et son sens du récit qu’il a probablement piqué aux magiciens ou aux dames qui tournent les lettres dans les jeux télévisuels. Et des choses touchantes, comme sa backstory. Enfin, des choses rigolutes aussi, et j’ai bien aimé les effets spéciaux.

On connait tous un genre d’Onyx the Fortuitous. Il n’est peut-être pas aussi dramatique dans sa présentation, mais il y a dans ce personnage un fond de vérité qui le rend… pas attachant, mais ancré dans notre monde, malgré tout. Il a probablement les mêmes problèmes familiaux et/ou sociaux. Et il mérite de l’attention et de l’affection, même si c’est parfois compliqué de lui en donner quand tout son comportement nous rabroue.

Snandy te dit tout, là.

Bullet Train (2022)

Bon, je me suis endormie avant la fin (pas parce que ce n’était pas bien, mais parce que j’étais fatiguée), alors l’analyse de mon épouxe Snandy est probablement plus aboutie. Mais c’était fun! J’ai beaucoup aimé les différents personnages, et les scènes d’action étaient jouissives.

Hellboy (2004)

Dans l’optique d’élargir l’horizon culturel de mon fils cadet (le Pouxe), on lui fait regarder des films sympas. Ce mois-ci on lui a fait découvrir Hellboy—le bon, le vrai, celui avec Ron Perlman, pas l’autre machin qu’on a dû ce farcir au cinéma il y a quelques années.

C’est l’occasion de profiter en famille, devant une pizza, les samedis soir où il est avec nous. Et surtout, c’est une opportunité de construire une base de donnée culturelle commune, pour qu’on puisse échanger sur tout cela. Parce qu’il n’a pas forcément nos références, et que nous, vieux croûtons que nous sommes, on a clairement pas du tout les siennes.

Becky (2020)

Coup de coeur pour tous les deux! Mon épouxe Snandy t’en parle ici.

Becky, l’ado hyper casse-couilles avec laquelle on peut avoir de l’empathie. Elle a perdu sa maman, son père veut se remarier, elle est colère—okay. Sa souffrance est compréhensible, et elle la gère aussi mal qu’une jeune fille de son âge pourrait le faire.

Et là c’est le drame—bim, boum, la famille est prise en otage par des vilains, au milieu de la forêt loin de tout. Et la seule qui gère de la fougère, c’est Becky. Proutin, Becky elle en a gros, et c’était pas le moment de l’escagasser! On a passé un excellent moment.

The Wrath of Becky (2023)

Et là c’est le drame, un drame différent cette fois-ci. Pas un drame dans le film, mais un drame à propos du film.

On se frottait les mains d’avance de les avoir mises sur la suite, et on frétillait de bonheur à l’idée de passer à nouveau un moment délicieux ensemble à regarder des méchants se faire bousiller par une Becky un peu plus grande.

Et là, tout ce qui faisait le charme de Becky est dénaturé. Déjà, ce n’est plus une ado en souffrance, c’est carrément devenu une psychopathe. Pour celles et ceux qui ont suivi, c’est un point traumatisant pour moi—mais dont je peux faire abstraction dans un film si cela sert l’histoire. Eh bien là, ça la desservait. On n’éprouve plus d’empathie pour Becky. On a du mal à se projeter. Et on en a un poil rien à carrer de ce qui lui arrive, au fond.

Bon, Snandy t’en cause ici, mais je vais pas te cacher que pour lui aussi c’était la déception.

Till Death (2021)

Moi qui ai un narc-dar hyper développé, tu imagines bien que tudesuite j’ai repéré que le mari de Megan Fox dans le film c’était une saloperie. Et là s’en suit une histoire assez wow à la Jessie de Stephen King. L’autre vieille pioute de mari a fait n’impe, il se tue après d’être assuré que son épouxe serait coincée, menottée à son cadavre, au milieu de nulle part. Et pour ne rien gâcher, y’a des méchants qui arrivent au milieu de tout ça pour foutre la merde.

Megan Fox était impériale dans ce film. On s’est régalés. C’était un thriller très agréable, avec plein de moments stressants—tu sais, quand malgré toi tu remontes les jambes pour échapper à ce qui se passe à l’écran, ou quand tu te pisses dessus parce que le méchant risque de se retourner alors que la gentille fait un truc audacieux.

The Lost Boys (1987)

Un film culte. Et pourtant, le Pouxe n’a pas tant aimé que ça! On essaie de lui faire découvrir nos vieux coups de coeur, mais je suppose que parfois, un film peut être trop vieux pour une audience plus jeune.

Il m’a même dit: “toi non plus tu n’as pas aimé, je t’ai entendu ronfler!”. NON, mon fils. Déjà, Maman ne ronfle pas, c’est une légende urbaine—et puis si je me suis endormie, c’est parce que contrairement à toi je n’ai plus 16 ans, fils indigne!

Jeux

Le dimanche matin, on fait parfois des jeux de plateau ou des jeux de rôle. Ces derniers temps, entre la fatigue, l’absence des enfants et les vacances, on n’a pas beaucoup pu se réunir—mais ce n’est que partie remise.

Munchkin

Même s’il n’a pas goûté à tout l’humour du jeu (qui par ailleurs a été traduit par mon inénarrable épouxe), le Pouxe a quand même apprécié le jeu une fois qu’on a fini de comprendre les règles. Ce qui lui a beaucoup plu, en particulier, c’est la description de la boîte où ça dit: “les monstres sont tous au courant que vous êtes niveau 1”.

Jeux vidéo

Je fais partie de ces personnes qui a du mal à se poser pour se reposer. Comme j’ai toujours dix mille projets sur le feu, j’essaie de me forcer à prendre du temps pour moi (et le repos est nécessaire pour une malade chronique comme moi), mais je me sens toujours très coupable quand je le fais. Oui, moi, je me sens coupable—alors que je me bats contre le capitalisme et la productivité toxique.

Alors parfois, au lieu de travailler comme une forcenée, ou de rester en mode “je devrais me reposer mais je n’y arrive pas alors je reste dans un entre-deux où je ne fais rien à part regarder mon bureau et culpabiliser”, j’arrive à me frapper suffisamment fort pour faire un truc ludique.

Voici ce à quoi j’ai joué au mois de Janvier, du coup!

Graveyard Keeper

Te voilà propulsé malgré toi dans un monde style medieval fantasy, où tu deviens le gardien du cimetière du coin. Les gens t’envoient faire des quêtes à la con, tu plantes des trucs et tu revends de la viande de cadavre pour construire ton rêve capitaliste, tu esclavagises les morts pour qu’ils bossent à ta place, et tu fais des alliances douteuses avec les salopards du coin pour continuer à jouer.

Bon, pour être honnête, ce gardien c’est pas quelqu’un que j’aimerais fréquenter dans la vraie vie—vente de côtelettes d’humain ou pas. Mais dans le jeu? C’est fun! Les graphismes sont super, la musique est sympa, et le fait qu’il n’y ait pas d’urgence à finir telle ou telle quête en fait un jeu idéal quand on n’a pas envie de se stresser.

Palworld

À la fois Pokemon et Ark Survival: Evolved. J’y ai joué en co-op avec mon épouxe, mais aussi en solo. C’est rigolo, les monstres sont sympas, le niveau de difficulté bien géré pour les gens qui, comme moi, sont infichus de viser avec le bouton droit de la manette.

Livres

Dire que je lisais tellement, avant!

Je lis toujours, mais pas forcément de la fiction. D’ailleurs, je ne lis quasiment jamais de fiction en journée. C’est mon plaisir du soir, quand on éteint la lumière et que j’allume mon Kindle. Souvent, je m’endors comme une bouse en ayant lu quelques pages, à la lumière de la liseuse qui semble agir comme une berceuse éclairant mon visage. Mais d’autres fois il m’arrive de me réveiller la nuit et de me remettre à lire quand je n’arrive pas à me rendormir.

Alors, en Janvier, je n’ai lu que deux livres… mais quels livres!

The Wicker Man

LA découverte filmistique de 2023—j’ai adoré The Wicker Man, au point d’en lire la version romancée qui a été écrite après la parution du film. Laissez-moi vous dire qu’elle est géniale. Non seulement elle ne dénature en rien le film, mais en plus elle rajoute de petits détails super intéressants—au point où on aurait pu croire que le film était tiré du livre et non pas l’inverse.

The Only One Left

Une jeune femme va servir de pair aidante à une femme âgée qui ne peut ni parler ni marcher. Seul un de ses bras est capable encore de bouger. Cette femme âgée est très connue—elle est soupçonnée d’avoir tué sa famille quand elle était adolescente. Son aidante va peu à peu lire son histoire, qu’elle va taper sur une vieille machine à écrire, lentement, avec son seul bras valide.

Le tout se passe quasiment en huis-clos, avec des personnages fondamentalement humains (et inhumains).

C’est rare lorsqu’un livre arrive à me surprendre. La plupart du temps, mon cerveau a déjà fait le travail avec les indices parsemés, et je sais ce qui va se passer. Avec The Only One Left, j’ai été épatée, allant de twist en twist, et j’ai beaucoup apprécié tous les rebondissements.

Musique

Voici deux morceaux qui sont passés sous mon radar en Janvier—ils m’ont plu et je les ai ajoutés à ma playlist.

Love You Still (ABCDEFU Romantic Version)

Far from Any Road

Séries TV

On avance pas vite. Et de mon côté, je n’ai pas envie de regarder des séries seule, car je sais que Snandy et moi aimons les mêmes choses généralement, du coup je ressens le besoin de l’attendre pour regarder les prochains trucs sur ma liste.

Voici des séries que nous avons abordé en Janvier 2024.

Your Honor (S02)

Saison 2 magnifique d’une série que j’ai trouvé magistrale. Je ne suis pas fan des films, séries, etc. où ça parle de drogue (un vieux traumatisme), mais autant je n’ai pas pu tenir Breaking Bad, autant Your Honor a trouvé une place dans mon coeur immédiatement.

Encore une fois, c’est le côté humain et vrai des personnages, très fouillés, qui m’a charmé. On les comprend tous, on comprend leurs actions, on peut se mettre à leur place, et même quand ils font des choses affreuses, ils restent logiques. Purée, ces personnages! Je les ai tous adorés, en particulier la matriarche de la famille mafieuse, une vieille saloperie délicieusement méchante.

Si tu l’as pas vue, va la voir!

Mon épouxe Snandy en fait une analyse bien plus pertinente ici.

True Detective (S01)

Encore des personnages réellement humains, et pour certains, qu’on adore détester. On voit le côté pourri de la police dans leur travail mais aussi dans leur quotidien, avec des détectives qui ont tout de même des valeurs, même si ce ne sont pas celles qui leur serviraient dans leur vie personnelle.

Je n’ose pas entamer la saison 2 pour l’instant, j’ai besoin de laisser poser pour pouvoir aborder la suivante avec sérénité.

Echo (S01)

Généralement, je suis plutôt bon public, mais là c’est non. Et c’est affreux!

Ça commençait super bien. Une héroïne avec des handicaps, de surcroit pas blanche, à qui il arrive tout un merdier dans sa jeunesse. On s’attache immédiatement, je la trouvais super…

Et là hop, c’est le drame, elle devient adulte et elle devient con comme un manche à balai. Elle combat tout ce qui bouge sans aucune moralité, sans se poser aucune question. Daredevil passe par là et tue tout le monde? Si c’était bien lui? On nous lance là-dedans sans aucune explication. Tout bon côté de l’héroïne est piétiné.

J’ai pas pu aller au-delà du premier épisode. Déception.

Reacher (S02)

Merde, voilà. Je dis merde.

Ça fait un moment qu’on l’attendait, cette saison 2! Après la première qui était kiffissime, on était sur les dents à attendre que la totalité soit disponible pour la regarder. Et malgré un bon début avec une scène de baston avec un méchant qui fait un carjacking… déception.

Tout ce qui faisait le charme de la saison 1 a disparu. Fini les intrigues dans le petit coin paumé où Reacher remplace la justice—maintenant c’est des intrigues à grande échelle avec ses anciens potes de l’armée, et je n’ai pas autant aimé.

Quelques bons moments tout de même, mais je ne saute pas d’impatience sur mon siège pour une saison 3.

Et toi, t’as consommé quelle culture en Janvier?

Raconte-moi tout dans les commentaires, je suis à l’affût de bonnes pistes pour nos prochaines soirées!

Féministe multipotentielle et omnipassionnée. Neurospicy, malade chronique, et assidue de la slow life.

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